Conférence Michael Lapsley

le 16/02/2015

Une conférence sous l'égide du CTU: le lundi 16 février à 20h au centre diocésain:
le Père Michael Lapsley

« La bombe qui n’a pas réussi à me tuer m’a laissé ma langue, qui était ma seule arme contre l’apartheid.».


Guérir du passé est la traduction, déjà publiée dans cinq langues et
plusieurs pays, de Redeeming the past (New York, Orbis Books, 2012),
l’autobiographie du père Michael Lapsley. Ce livre raconte le combat d’un
témoin exceptionnel de la lutte contre l’apartheid, d’une figure de proue
de dimension internationale du combat pour la liberté et pour la guérison
des mémoires.

Le 28 avril 1990, Michael Lapsley perdait ses deux mains et un oeil dans un attentat au colis piégé au Zimbabwe. Prêtre anglican, né en 1949, en Nouvelle Zélande, il militait depuis longtemps contre l'apartheid et payait ainsi très cher son engagement qui lui avait déjà valu son expulsion d'Afrique du Sud quelque temps auparavant. Depuis lors, des crochets métalliques lui servent de mains, mais il poursuit sans relâche son combat. L’évènement traumatisant de son attentat marque le début d’une longue reconstruction à la fois physique et psychologique, où il doit redéfinir son identité et son rapport à l’Afrique du Sud ; une période qui met sa foi à l’épreuve.

L'autobiographie de ce personnage remarquable relate un parcours hors du commun, pendant et après l'apartheid. « La vie de Michael [Lapsley] représente une métaphore fascinante. Un étranger qui est venu dans notre pays et a été transformé. Sa vie fait partie de la mosaïque dans laquelle se trouvent reflétés les nombreux longs parcours et les nombreuses luttes de notre peuple. », Nelson Mandela. « La portée de ce livre est immense. », Nadine Gordimer, prix Nobel de littérature.


Michael Lapsley montre à travers son histoire que la mémoire d’un homme peut porter avec elle celles d‘autres victimes et d’autres pays. Il met en perspective son expérience personnelle durant l’apartheid avec celle d’autres victimes, au-delà des frontières. Il propose un cheminement vivifiant en animant des sessions de "guérison des souvenirs" pour les victimes de l'apartheid mais également auprès de détenus, de réfugiés ou de malades du sida, avec ses collaborateurs à l’« Institut pour la guérison des mémoire » qu’il a fondé en 1998. Au-delà de ses blessures physiques, Michael Lapsley interroge : comment parler de ces blessures qui ne se voient pas ? Il met le doigt sur l’urgence d’un dialogue avec une jeunesse diversifiée souvent stigmatisée mais peu interrogée sur la définition des identités qu’elle regroupe, pour uneconstruction d’un avenir meilleur et réconcilié.

L’auteur
Michael Lapsley est un prêtre anglican engagé en Afrique du Sud. Il est diplômé duCollège australien de théologie, de l’Université nationale du Lesotho et de l’Universitédu Zimbabwe. Le Gouvernement de Nouvelle-Zélande lui a décerné la “Queen's Service Medal” pour son travail au service des populations d’Afrique australe. Il est également Consul honoraire de Nouvelle-Zélande au Cap.


Le temps du combat pour la liberté
Né en Nouvelle Zélande, le 2 juin 1949, il a été ordonné prêtre en Australie, où il a rejoint l’ordre religieux de la “Society of the Sacred Mission” (SSM). En 1973, il est envoyé à Durban (Afrique du Sud) pour suivre des études universitaires. Peu de temps après, au moment le plus brutal de la répression, il devient aumônier des étudiants tant blancs que noirs. En 1976, lorsque des écoliers meurent sous les balles des militaires et que d’autres sont détenus et torturés, il dénonce publiquement le régime. C’est l’année du soulèvement de Soweto, qui a donné lieu à des manifestations à travers le pays.

La période d’exil
En septembre 1976, il est expulsé d’Afrique du Sud, et se rend au Lesotho, où il poursuit ses études et adhère au Congrès national africain (ANC). Il devient aumônier de l’ANC, en exil. Pendant cette période, il voyage à travers le monde pour mobiliser les communautés chrétiennes et d’autres religions contre l’apartheid et les encourager à soutenir le combat pour la libération. Suite à une incursion par des commandos sud-africains à Maseru en 1982, qui fait 42 morts, il quitte le Lesotho pour se réfugier au Zimbabwe.


L’attentat
En exil, le 28 avril 1990, trois mois après la libération de Nelson Mandela, il reçoit une lettre piégée de la part du “Bureau de coopération civile”, unité secrète des forces de sécurité sud-africaines. La bombe est cachée dans deux revues religieuses. L’explosion lui arrache les deux mains et un oeil, et lui provoque de graves brûlures. Il payait ainsi très cher son engagement contre l’apartheid.

Le temps du travail de guérison
Depuis lors, des crochets métalliques lui servent de mains, mais il poursuit sans relâche son combat pour la paix et la liberté. En rentrant en Afrique du Sud en 1992, il devient aumônier du “Trauma Centre” (Centre de soins pour les victimes de la violence et de la torture) du Cap, qui assiste la Commission “Vérité et réconciliation”. Ce travail l’amène à créer en 1998, l’Institut pour la guérison des mémoires (Institute for Healing of Memories – IHOM) au Cap dont la vocation est de venir en aide aux victimes de diverses formes de violence et d’oppression. Fort de son expérience, Michael Lapsley anime également des ateliers pour accompagner les personnes marquées par un passé douloureux, notamment des détenus, des réfugiés ou des malades du sida, aussi bien au Rwanda et aux Etats-Unis, qu’en Irlande du Nord et en Colombie. Michael Lapsley s'est vu décerner de nombreux prix, dont, récemment, le "Human Rights Hero Award 2014" (Prix "Héro des droits de l'homme") aux USA, et en 2012, pour son livre, le 1er Prix "Andrew Murray – Desmond Tutu" (Afrique du Sud) et le 1er Prix "Biographie" de la Catholic Press Association américaine.

Millou

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