Café théo: Dieu répond-il à nos angoisses?

le 07/05/2014

Bonjour à tous,

Le sujet du café théo qui se tiendra le mercredi 7 mai 2014 à 17h30, au café Saint-Saëns, 120 rue du Général Leclerc à Rouen, sera :

« Dieu répond-il à nos angoisses ? »

Le référent sera le Dr Frédéric Delamotte, psychiâtre.

Le croyant qui entend cette question dira sans doute : « Oui, il y répond, naturellement, peut-être pas de la façon où nous voudrions qu’il y réponde, mais il y répond. » Il se basera peut-être sur son souvenir du Psaume 33 « Un pauvre crie : le Seigneur entend, il le sauve de toutes ses angoisses. » Et depuis que la foi religieuse existe ici-bas, celle-ci a poussé l’homme à appeler Dieu à son secours. Le mécréant dira que le croyant s’est construit sa protection mentale, où il puise quand il en a besoin le réconfort contre le mal et la souffrance. Et les deux sont renvoyés à leur expérience de foi ou de non-foi.

 

Peut-être pour sortir du dilemme, nous pourrions nous demander ce qu’est l’angoisse. Dans la question posée, le terme est au pluriel, et se rapproche de la notion de peurs. Mais il existe un mal plus profond, plus aliénant, qui s’appelle l’angoisse, au singulier. A n’en pas douter, on en souffre même lorsqu’on est croyant, et les aides de la médecine seront certainement prisées par tous. Mais si l’angoisse est médicalement gérable (anxiolytiques, antidépresseurs, neuroleptiques), la médecine ne traite pas les causes de l’angoisse, présentée par certains philosophes comme Kierkegaard ou Heidegger comme inhérente à l’être humain, créature « jetée » au monde, et vouée à la mort. Le sentiment de l’angoisse, tout négatif qu’on le suppose, nous révèle à notre vérité.

 

La question deviendrait alors celle de notre rapport à Dieu, si tant est évidemment que l’on est croyant. Dieu est-il notre médecin ? Si certaines angoisses (au pluriel) nous empêchent de vivre, faut-il à tout prix se débarrasser de notre angoisse, et utiliser Dieu pour cela ? Nous voulons être heureux, soit. Mais quel est ce bonheur ? Pascal fustigeait les esthètes qui plongeaient dans le divertissement pour fuir l’angoisse existentielle : se pourrait-il qu’un peu d’angoisse soit salvatrice ? Et si ce paradoxe n’en est pas un, de quoi parle-t-on ? Le Christ a éprouvé l’angoisse de sa mission : serait-ce que notre christianisme a oublié cette dimension ?

Venez au café théo partager vos questionnements et vos expériences !

Merci de votre attention,

Yves Millou

PS: Une page qui pourra permettre d'aider au débat: http://occidere.wordpress.com/2009/10/17/langoisse-chez-heidegger/

Millou

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